Au pays de l'or blanc

Décembre 2008...

De la neige, à 1200 m d'altitude dans le Massif Central, ce n'est pas la première fois que l'on en voit!

Mais, au réveil de ce dimanche matin, quelque chose semblait différent. Je suis tirée de mon sommeil par une sensation étrange, tandis que je demeure à moitié endormie. Mon poële à granulés, d'ordinaire relativement bruyant, ne respire plus. tout est si calme... C'est ce silence pénétrant et mystérieux qui a piqué ma curiosité et a guidé mes pas hors de mon lit. Je me dirige vers la fenêtre de la chambre, qui se trouve à l'étage, d'où une éblouissante lumière semble jaillir. Je regarde: je reste ébétée devant un tel spectacle. Tout est blanc à perte de vue, d'une épaisse blancheur recouvrant tout sur son passage. J'ai peine à identifier ma voiture dans le parking, elle est ensevelie jusqu'à mi-coffre.

Je me précipite en bas de la maison, pour évaluer davantage la situation, la hauteur de neige déjà accumulée ainsi que la violence des flocons qui redoublent de vigueur et de taille. Le constat est frappant: il y a déjà plus de 70 cm au sol, la neige tombante est tellement abondante qu'elle s'interpose avec l'horizon. Un rideau d'or blanc est en train de s'abattre sur la contrée, offrant un spectacle à la fois magnifique et terrifiant.

Le deuxième constat c'est qu'en effet mon  poële ne fonctionne plus. En réalité, plus rien ne fonctionne: l'électricité ne vient plus jusque chez moi, ni dans aucun autre foyer du village. Aucune voiture ne circule. Un bruit de fond est perceptible cependant, celui des va-et-vient incessants des chasse-neige.

Je décide de me fondre dans ce décor immaculé. Après avoir enfilé ma combinaison de ski et chaussé les après-ski, j'attrape la pelle et je me mets à l'ouvrage. Il y a fort à faire, la neige est déjà très haute. Je creuse avec beaucoup de peine un sillon pour accéder à ma voiture. Je n'ai évidemment pas l'intention de la déplacer, mais cette neige est tellement lourde, pâteuse, collante que je crains pour l'intégrité de mon véhicule.

Chaque pelletée est un calvaire, la neige colle à la pelle et pèse autant que du plomb. Je parviens tout de même, à force d'énergie, à dégager un peu ma voiture de son cerceuil blanc.

Une galère qui durera plus d'une semaine, puisqu'à l'instant où j'écris, les arbres continuent de tomber, les lignes à être coupées...

Cet épisode neigeux aura marqué les habitants de la région, coupés du monde, les transports scolaires ont été annulés plusieurs jours, certains élèves sont restés bloqués chez eux toute la semaine. On a réappris à s'éclairer à la bougie, à manger froid, à se chauffer à la cheminée (quand on a la chance d'en posséder une). Une vie au ralenti, qui permet d'apprécier très largement le retour du confort moderne!

Les journaux télévisés nationaux ont beaucoup parlé de mon petit département pendant quelques jours... Les gens vont finir par savoir qu'il existe!

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